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Retrouvez chaque mois les conseils du Dr Jean-Michel Lichtenberger, dont l’association Voyages et Santé gère le centre de vaccinations d’Air France. Ce mois-ci, Jean-Michel Lichtenberger nous parle d’une enquête réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.

J’apprends que la France est championne du monde, une fois n’est pas coutume. Mais de quoi s’agit-il ?

En fait, ce n’est pas une très bonne nouvelle. Une très vaste enquête a été réalisée auprès de 65 000 personnes, sur 67 pays, pour les interroger sur leur perception de la vaccination : sécurité, efficacité, et compatibilité avec la religion ont été passées en revue.
Eh bien résultat, les Français sont ceux qui doutent le plus au monde. En Asie du Sud-Est, en Afrique, en Méditerranée orientale, et même en Amérique, on est plutôt confiants. La défiance commence en Europe puisque 7 sur 10 des pays les plus méfiants sont européens. Mais parmi ceux-là, la France tient le pompon.

La moyenne des sceptiques est de 13%, tous pays confondus. En France, 41 % de nos compatriotes interrogés pensent que les vaccins ne sont pas sûrs. Ils sont près de 20% à douter de leur efficacité et plus de 10% considèrent peu importants les vaccins pour les enfants.

Eh oui ; comme dans d’autres domaines, agir contre ce qu’on ne voit pas dépasse l’entendement de beaucoup. La vaccination a éradiqué la variole, et presque la poliomyélite. Plus personne ne voit les handicapés réchappés de la polio, ni les décès de ces enfants qui n’y ont pas échappé ; je les ai pourtant moi connus, ce n’est quand même pas si vieux.

Autre exemple la rougeole. Dans les pays où elle tue des enfants, en laisse d’autres lourdement handicapés, et fait traverser de douloureux épisodes fébriles, on est moins difficiles. Par exemple, le Bangladesh et l’Iran n’ont qu’une personne sur 300 pour trouver la vaccination sans importance, là où nous en avons une sur dix.

Quant à l’incompatibilité avec la religion, où est-elle la plus forte ?
Eh bien c’est en Asie du Sud-Est. Et où est-elle la plus faible ? Eh bien c’est en Arabie Saoudite et au Brésil, pays dans lesquels, pourtant, la religion ne manque pas de poids. Nous ne jugeons pas les opinions ou les convictions. Ce que nous trouvons regrettable, c’est quand elles se forment sur un manque d’informations, un manque d’explications honnêtes sur les balances bénéfices/risques des vaccins, une influence trop lourde des laboratoires pharmaceutiques, ou des campagnes désastreuses comme celle contre la grippe H1N1.

Sans juger, on peut donc regretter que la méfiance s’appuie plus sur des émotions ou des croyances que sur des faits largement démontrés. Car eux, ils ne laissent aucun doute sur l’intérêt des vaccinations. Ceci dit pas toutes les vaccinations, pas n’importe où, à n’importe qui, ni n’importe quand. Il faut peser les indications.

Alors oui à l’information et à la décision réfléchie ; mais non au refus de première ligne sans faire l’effort d’écouter et de comprendre.